La Tunisie pendant la domination ottomane

 Son altesse le Bey sur l'escalier aux lions 
de son palais du Bardo à Tunis.
(CPA LL n°6384- Coll. Ch. Attard)

Depuis la fin du XVIe siècle, l’histoire de la Tunisie est celle d’une province turque qui se rend autonome, et qui finit par devenir pratiquement indépendante avec les beys husseïnites. Ces derniers conservèrent, à peu de chose près, l’organisation ottomane qui était essentiellement militaire.

En tant que province turque, se trouvait à sa tête un pacha qui dépendait primitivement du " beylarbeq " d’Alger, et était nommé pour administrer le pays, mais qui dut tenir compte des décisions du " Divan ", conseil formé d’anciens officiers de l’armée.
Après 1590, il y eut une réorganisation du " Divan " qui était représenté par un Dey qui, ayant l’armée derrière lui, devint vite le véritable souverain au détriment du pacha.
Les deys Othman et Youssef furent les organisateurs de la Tunisie nouvelle en renforçant l’armée dont le commandement fut confié à un bey. Les beys, qui dès 1631, furent adoubés par l’empire turc, eurent un pouvoir d’autant plus grand que leur succession était devenue héréditaire.

Husseïn ben Ali (1675-1740), renégat chrétien d'origine grecque, fut le fondateur de la dynastie husseïnite et il rétablit le calme dans le pays à partir de son accession au pouvoir en 1707. 

Mais sa volonté de transmettre son pouvoir à son premier descendant male entraîne la révolte du prétendant au trône Ali Pacha. Hussein est contraint après la défaite de la bataille de Smindja (4 septembre 1735)  de fuir vers Sousse. Le fils d'Ali Pacha, Younès  le fera décapiter le 13 mai 1740.

Les trois derniers beys qui régnèrent avant l’intervention française furent : Ahmed bey (1837-1855) qui abolit l’esclavage et les lois d’exception contre les juifs, Mohamed (1855-1859) et Mohamed Saddok (1859-1882).

Les beys étaient secondés pour l'administration du pays par des gouverneurs ou caïds, personnages tout puissants dans leur circonscription, ils cumulaient des fonctions judiciaires, policières et fiscales et étaient eux-mêmes assistés par des Khalifas à la tête d'un khalifat et des cheikhs, chefs de village, quartier ou tribu. 

Husseïn ben Ali


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